Afrique: la technologie pour informer et contourner les tabous sexuels

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Jeune étudiant en médecine, le Dr Akhimien a été bouleversé par le décès d’une camarade de lycée particulièrement brillante, victime d’un avortement clandestin. Grâce à des technologies informant les jeunes sur la sexualité, en toute discrétion, de telles tragédies pourraient aujourd’hui être évitées.

« L’absence de communication autour de la contraception génère toujours plus de contaminations par le sida et de grossesses non désirées », diagnostique Charles Immanuel Akhimien, dont le pays, le Nigeria, compte 3,1 millions de porteurs du VIH et 34.000 décès par an dus à des avortements clandestins, selon des statistiques officielles.

Son application, « myPaddi », met en relation anonymement les jeunes avec des médecins, pour recevoir des conseils sur la sexualité et la contraception. C’est l’une des 30 innovations médicales sélectionnées au 2ème Forum de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la santé en Afrique subsaharienne, cette semaine à Praia.

Parmi l’ensemble des projets présentés une proportion significative a trait à la reproduction et aux maladies sexuellement transmissibles, dans des pays où l’éducation sexuelle est encore souvent taboue et où l’avortement, généralement illégal, risque de mener les femmes à la prison ou à la tombe.

D’une énergie contagieuse, Morenike Fajemisin, une compatriote du Dr Akhimien, est animée de la même détermination à accorder aux femmes le droit de disposer de leur corps.

Parce qu’elle ne supportait plus d’être confrontée aux conséquences des carences de l’éducation sexuelle au Nigeria, cette pharmacienne de 30 ans a créé « Whispa » (pour « whisper », chuchotement en anglais), une application mobile permettant aux jeunes femmes d’accéder au moyen de contraception de leur choix, dans le strict respect de leur intimité.

« Si une jeune fille va demander la pilule à son médecin ou un pharmacien, elle risque de se faire sermonner et bombarder de questions. Est-ce qu’elle n’est pas trop jeune? Est-ce qu’elle est vierge? Combien a-t-elle eu de partenaires? », explique Morenike Fajemisin. « Avec une application mobile, il n’y a plus d’ingérence humaine. »

– Mortalité infantile –

« Si la cousine avec laquelle je vivais dans mon enfance avait eu Whispa, elle ne serait pas tombée enceinte au lycée. Elle aurait pu poursuivre ses études et réaliser ses rêves », soupire la jeune femme.

Même en cas de grossesse désirée, alors que l’enfantement et la maternité sont valorisés dans les sociétés africaines, rares sont les applications adaptées à la culture et aux traditions locales.

Des lacunes que visent à combler l’application zimbabwéenne Afrimom, en anglais et en langues locales, ou encore « My Pregnancy Journey », financée de sa poche par l’entrepreneuse sud-africaine Jacqueline Rogers.

Cette application, qui verra le jour au mois d’avril, propose aux femmes enceintes une multitude de conseils et les informe, mois par mois, sur les problèmes qu’elles pourraient être amenées à rencontrer au cours de leur grossesse.

« Je veux que les femmes africaines aient accès à toute la connaissance possible sur leur grossesse et avoir une influence positive sur la maternité en Afrique », confie Jacqueline Rogers.

« En Afrique, le besoin d’informations fiables sur la grossesse est énorme », souligne-t-elle.

Parmi les 10 pays au monde où le taux de mortalité infantile est le plus élevé, neuf sont africains.

Et la moitié des cinq millions d’enfants qui meurent chaque année avant d’atteindre l’âge de cinq ans vivent en Afrique subsaharienne, a rappelé la directrice régionale de l’OMS, Matshidiso Moeti, à l’ouverture du Forum.

 

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