COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Avortement: oui au pardon, non au progrès

Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in Frans. Voor het gemak van de kijker, is de inhoud hieronder weergegeven in de alternatieve taal. Je kunt klikken op de link om naar de actieve taal over te schakelen.

L’ « année de la miséricorde » proclamée par le pape François Ier démarre en force: à l’image des nouveaux chefs d’État amnistiant les condamnés, le chef du Vatican accorde son pardon aux pécheresses qui ont commis ce crime de lèse-religion: avorter (1). Mais attention: il faut se dépêcher d’aller faire pénitence!  En effet, cette période de mansuétude bien dans l’esprit de ce pape compassionnel n’aura qu’un temps, celui  de cette « année de la miséricorde ». Passé ce délai, c’est bien l’enfer de l’excommunication qui est promis aux malheureuses qui auraient voulu décider de leur maternité. Et avec elles, les personnes qui les ont aidées.

Par cette sortie d’un genre nouveau, le pape rappelle que l’Église catholique culpabilise toujours un peu plus les femmes ayant avorté. Car qui dit pardon dit bien entendu culpabilité.

Ce serait drôle si ce n’était tragique. Par cette sortie d’un genre nouveau, le pape rappelle que l’Église catholique culpabilise toujours un peu plus les femmes ayant avorté. Car qui dit pardon dit bien entendu culpabilité. Pendant toute la durée de la miséricorde (du 5 décembre 2015 au 20 novembre 2016, ce qui ne fait d’ailleurs pas tout-à-fait une année) des milliers de prêtres vont sillonner villes et campagnes pour aller à la rencontre des candidates au pardon. Bien entendu, précise le message papal, « l’avortement reste un péché et le pape n’a pas décidé de l’abroger (2) ». Avis à celles qui croyaient déjà que Noël tombe au printemps.

Le Vatican reste donc dans la ligne édictée par le pape en janvier 2014: l’avortement participe de la « culture du déchet » comme l’a repris dans sa dernière homélie pascale l’ex-primat de Belgique, Mgr Léonard (3).

Face à la reconnaissance par les plus hautes instances internationales de l’impérieuse nécessité de donner aux femmes un accès sécurisé à l’avortement (4), l’Église change de tactique et Bruxelles, le 13 mai 2015 opère par la bande; elle contourne les enjeux de santé publique en jouant du registre compassionnel.

Cette posture, qui se présente comme étant à l’écoute des femmes, n’a qu’un seul but: les maintenir dans la culpabilité et la stigmatisation.

La plateforme Abortion Right! (5) milite pour garantir le libre choix, pour offrir un avortement légal et sécurisé se pratiquant dans des institutions et centres de qualité. Car, l’IVG n’est pas un combat d’hier mais une question essentielle pour les femmes d’aujourd’hui et de demain. Les femmes n’ont ni à s’excuser ni à se faire pardonner de planifier leur vie comme elles l’entendent.

 


(1) Le Soir du mercredi 13 mai et jeudi 14 mai 2015

(2) L’Église envisage un pardon exceptionnel pour les croyantes ayant avorté, 11 mai 2015, AFP, http://yhoo.it/1F6pAHL

(3) Mgr Léonard qualifie de «drame» les 25 ans de la loi dépénalisant l’avortement, 5 avril 2015, rtlinfo.be, http://bit.ly/1AVO5DB

(4) ONU – 66th session – 3 août 2011 Standard of physical and mental health

(5) Abortion Right! Plateforme pour le droit à l’avortement en Europe et dans le monde, www.abortionright.eu