Belgique : un artiste belge, Ernest Pignon Ernest réagit aux campagnes réactionnaires anti avortement

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Ernest Pignon-Ernest est né à Nice en 1942. Il dessine et réalise à partir de ses dessins des sérigraphies qu’il colle dans l’espace public. Une de ses images parmi les plus connues représente Arthur Rimbaud reproduit à taille réel, de pied en cap, avec son baluchon sur le dos. Rimbaud, un errant qui est un autre, allant ici et ailleurs, sans domicile fixe a son portrait collé entre Paris et Charleville en 1978. Pasolini en piéta portant son propre cadavre dans ses bras hante les rues de Rome, de Naples et d’Ostie. L’intervention sur la plage d’Ostie où le corps de Pasolini, assassiné, fut retrouvé est une des plus fortes de l’artiste qui convie les ombres des poètes disparus dans une lumière caravagesque quand il investit les rues de Naples.

Ernest Pignon-Ernest se destinait tout d’abord à la peinture en autodidacte. En 1966, un événement aura raison de la peinture : l’implantation d’un site nucléaire sur le plateau d’Albion, dans le Vaucluse, parmi les champs de lavande. Impossible de traduire la tension entre le danger nucléaire et la beauté du paysage par la peinture en chambre.

Ernest Pignon-Ernest quitte les murs de l’atelier et intervient dans l’espace public. Il recourt à la technique du pochoir afin de reproduire la fameuse ombre de Nagasaki. La trace d’un homme foudroyé par l’éclair d’une bombe atomique avait été imprimée sur un mur. L’image multipliée est collée sur le plateau d’Albion. Elle signe la première intervention d’Ernest Pignon-Ernest qui poursuit depuis un demi-siècle une approche singulière des lieux. En collant ses sérigraphies dans des espaces porteurs d’une histoire poétique ou politique, il réveille la mémoire oublieuse et il fait remonter à la conscience l’histoire des hommes et des lieux, là où la société est en perte d’humanité et l’humain en péril. Il ressuscite Les Gisants de La Commune de Paris en 1971, couchés sur les marches du Sacré-Cœur. Il dénonce l’injustice sociale et critique les lois liberticides. L’image d’une famille noire derrière les barbelés est affichée sur les murs de sa ville natale quand il apprend le projet de jumelage entre Nice et la ville du Cap en Afrique du Sud, en 1974, en plein apartheid. Les Immigrés apparaissent sur les murs d’Avignon, au ras des trottoirs en 1975 et des femmes nues au corps douloureux s’ouvrent Sur l’avortement la même année. Pignon-Ernest réagit aux campagnes réactionnaires anti avortement. Que d’ombres et que d’empreintes !

https://www.rtbf.be/culture/arts/artistes/detail_ernest-pignon-ernest-pose-ses-empreintes-au-botanique?id=10100671