Québec: Des difficultés d’accès à l’avortement montrées du doigt

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26/10/2019

Lors de deux manifestations pour défendre le droit à l’avortement à Québec en septembre, des représentantes d’organismes ont dénoncé des délais d’environ un mois avant d’avoir accès à un avortement dans la région. Voici un portrait de la situation.

Dans la capitale, une attente de deux à trois semaines avant d’obtenir un premier rendez-vous est nécessaire dans les cliniques d’avortement du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) et de l’Hôpital Saint-François d’Assise.

L’intervention chirurgicale aura lieu dans les sept jours suivant ce premier rendez-vous. Des délais qui sont dans les temps, précise un porte-parole du CHU de Québec, Bryan Gélinas.

Dans Chaudière-Appalaches, l’Hôtel-Dieu de Lévis dessert tout le territoire, mais la fenêtre est mince puisque la clinique d’avortement est ouverte une fois par semaine. La patiente communique avec l’hôpital, et l’interruption volontaire de grossesse (IVG) aura lieu en un seul rendez-vous si elle opte pour la méthode chirurgicale.

À titre de comparaison, neuf établissements offrent l’IVG à Montréal, en plus des quatre cliniques spécialisées en santé de la femme, où les délais sont d’environ 10 jours ouvrables ou moins.

Une période des Fêtes difficile

Une période en particulier semble avoir été problématique dans la région. En décembre 2018, l’absence d’un médecin au CHU, combinée aux jours fériés, journées durant lesquelles les cliniques d’avortement sont fermées, a entraîné des délais importants.

Une femme a d’ailleurs porté plainte au commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CHU de Québec et du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches.

Dans le document dont Radio-Canada a obtenu copie, la plaignante affirme avoir contacté les trois ressources de la région le 17 décembre.

Le CHUL n’avait pas de plage horaire disponible avant le 14 janvier, l’Hôpital Saint-François d’Assise n’avait aucune place avant le 15 janvier, et à l’Hôtel-Dieu de Lévis, il n’y avait aucune disponibilité avant le 16 janvier.

La plaignante a finalement obtenu un rendez-vous à Montréal trois jours plus tard.

Le porte-parole Bryan Gélinas confirme que les délais ont été plus longs durant quelques semaines, en précisant qu’il s’agissait d’une situation exceptionnelle.

Toutefois, la Fédération du Québec pour le planning des naissances soutient que la situation semble avoir perduré.

On a des échos sur le terrain qu’il y a encore des personnes qui se retrouvent dans une situation où elles doivent attendre plus de quatre semaines, soutient la co-coordonnatrice Mariane Labrecque.

Se rendre à Montréal pour un avortement?

Le directeur médical de la clinique spécialisée Fémina, située à Montréal, confirme que des femmes de la grande région de Québec se rendent parfois dans la métropole pour obtenir une interruption volontaire de grosses. Claude Paquin ajoute que ce n’est pas une situation généralisée.

Il y en a quelques-unes qui vont décider de prendre l’auto, de venir à Montréal et de régler tout ça en une seule visite qui dure environ trois heures.

Claude Paquin, directeur médical de la clinique Fémina

S’il y a quatre cliniques spécialisées en santé de la femme à Montréal, il n’y en a aucune dans la Capitale-Nationale ni dans Chaudière-Appalaches.

La technique d’une seule visite, un seul rendez-vous, les femmes l’apprécient beaucoup dans le réseau des cliniques spécialisées. Je pense que ça pourrait être étendu dans les CLSC et aux hôpitaux, affirme-t-il.

La liberté de choisir est-elle atteinte?

L’organisme SOS Grossesse admet que le manque d’accessibilité à l’IVG à l’extérieur des grands centres n’est pas nouveau. Cependant, Karine Angers constate une hausse du nombre d’appels de femmes qui disent vivre avec les répercussions psychologiques de cette attente.

Une femme qui ne veut pas avoir une grossesse, mais elle doit composer plusieurs semaines avec quelque chose qu’elle ne désire pas dans son corps.

Karine Angers, directrice générale de SOS Grossesse (photo ci-dessus)

Constatant cette situation, l’organisme a décidé de lancer un appel aux femmes qui ont eu du mal à avoir accès à une IVG, pour voir ce qui peut être fait. Jusqu’à maintenant, neuf femmes anonymes ont répondu à l’appel.

On veut déposer une plainte au commissaire aux plaintes et on parle peut-être aussi d’aller vers le Protecteur du citoyen pour pouvoir faire bouger les choses, précise la directrice générale en ajoutant que la plainte déposée durant la période des Fêtes semble être tombée un peu à plat.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1361985/avortement-interruption-volontaire-grossesse-acces-quebec