Cameroun: Planification familiale : le Cameroun, loin des engagements internationaux

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24/10/2019

Prévue pour atteindre 30% en 2020, la prévalence contraceptive reste à 21% en 2019.

Plus de 7000 femmes décèdent chaque année en voulant donner la vie au Cameroun, soit une prévalence de 782 décès pour 100 000 naissances vivantes. Parmi les causes des décès, les hémorragies et les avortements, selon les résultats de l’Enquête démographique et de santé de 2011 ; celle qui reste jusqu’ici connue et vulgarisée en attendant celle de 2018.

Des avortements provoqués suite à une grossesse non-désirée. Le rapport d’une étude conduite conjointement par l’institut de formation et de recherche démographiques (Iford) du Cameroun et du Guttmacher Institute basé aux Etats-Unis intitulé «Avantages à répondre aux besoins de contraception des Camerounaises» relève qu’environ 30% de ces femmes ne voulaient pas être enceintes quand elles l’ont été.

Les grossesses non-désirées et les avortements sont enregistrés même dans des couples régulièrement mariés. La même étude, montre que près de 40% des grossesses sont non planifiées et 36% de ces dernières débouchent sur un avortement, généralement clandestin à cause de son interdiction par la règlementation camerounaise.

Les projections du ministère de la Santé publique, dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle font état de ce que, par la planification familiale, (utilisation correcte des méthodes modernes de contraception), 50% de décès peuvent être évités.

Comme l’analyse citée plus haut, Cameroon National Association for Family Welfare (CAMNAFAW), organisation non-gouvernementale connue pour son combat pour la promotion de la santé, soutient que la satisfaction des besoins de contraception des femmes entraînerait de très nombreux avantages. Ainsi, le Cameroun pourrait réduire annuellement 373 000 grossesses non-planifiées, ce qui permettrait de réduire de 75% le nombre de naissances non-planifiées, d’avortements et de fausses-couches, tout comme bon nombre de décès maternels diminuerait de plus de 20%.

FP2020

Pour le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), « la planification familiale est cruciale pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; c’est également un facteur essentiel de réduction de la pauvreté. Les contraceptifs servent à prévenir les grossesses non-désirées, à réduire le nombre d’avortements et à diminuer l’incidence de mortalité et d’invalidité dues aux complications liées à la grossesse et à l’accouchement. »

Les autorités sanitaires le savent très bien. « Notre pays a pensé que le planning familial était une intervention majeure dans la réduction de la mortalité maternelle en ce sens que lorsque la femme a la possibilité d’obtenir des méthodes qu’elle trouve partout dans les formations sanitaires ou en communauté, pour accoucher quand elle veut et avoir le nombre d’enfants qu’elle désire, elle peut laisser son corps reposer et l’enfant a le temps de grandir, et le bien-être familial est retrouvé à travers cette action-là », rappelait, au cours d’une rencontre, Adeline Ndematio, cadre à la direction de la Santé familiale. Plusieurs méthodes existent allant des préservatifs (masculin et féminin) aux implants en passant par les pilules, les injectables (dont Sayana press).

Seulement, la prévalence contraceptive reste de 21%, loin de l’objectif de 30% que s’était fixé le Cameroun en signant des engagements sur le plan international, notamment FP2020 (planification familiale en 2020) qui vise à améliorer en 2020 le taux d’utilisation des méthodes contraceptives. Il est question de rapprocher les services de planification familiale des clients.

Pour y arriver, il faut réduire les obstacles. L’état des routes par exemple ne facilite pas l’accès des couples aux formations sanitaires. Une fois à la formation sanitaire, il faut braver le défi de trouver un personnel qualifié qui peut offrir le service qu’il faut. La disponibilité des produits afin que chacun adopte la méthode de son choix, etc. L’information complète sur les méthodes disponibles et sur le lieu où l’on peut s’approvisionner n’est pas toujours donnée.

https://actucameroun.com/2019/10/24/planification-familiale-le-cameroun-loin-des-engagements-internationaux/