Belgique: Six associations féministes démissionnent du Conseil des Femmes Francophones de Belgique

Après des tentatives infructueuses de maintenir des stratégies communes, les membres démissionnaires expliquent ne plus se reconnaître dans l’orientation et dans le fonctionnement du Conseil des Femmes Francophones de Belgique.

Les associations sortantes dénoncent une appropriation et un détournement de l’agenda des associations féministes de terrain, qui provoquent une invisibilité de celles-ci et une dilution des enjeux qu’elles défendent. Elles souhaitent aussi s’éloigner des mécanismes de pilarisation politique, pour plutôt se fédérer autour d’enjeux urgents pour les femmes.

« C’est vraiment des questions de fonctionnement et de démocratie qui nous sont chères et qu’on veut reformer ailleurs« , explique Valérie Lootvoet, directrice de l’Université des Femmes. « Nous voulons être dans quelque chose d’apolitique, qui est au-delà des différentes couleurs politiques en Belgique. C’était le cas auparavant. On pouvait être dans cette logique-là, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, même si des administratrices colorées politiquement ont essayé de rester dans la logique de dépassement des partis. Nous voulons repartir sur des bases communes qui donnent la priorité aux femmes avant tout. »

Sylvie Lausberg : « Volonté manifeste d’affaiblir le Conseil »

La présidente du conseil d’administration du CFFB, Sylvie Lausberg, souligne que les trois quarts de l’assemblée générale ont renouvelé leur confiance dans l’équipe en place. Selon elle, « les représentantes des associations démissionnaires s’inscrivent dans un mouvement de contestation interne initié par Mme Hélène Ryckmans au lendemain de sa défaite à l’élection de 2018 où elle était candidate à la présidence ». Sylvie Lausberg ajoute qu’il y avait une « volonté manifeste dans le chef de la représentante Ecolo et de trois administratrices, dont la représentante cdH, d’affaiblir le Conseil, voire de le dynamiter de l’intérieur ». Il y a une « volonté de diviser le monde féministe », selon la présidente, pour qui il est « déplorable que le combat pour les droits des femmes soit considéré comme un enjeu de pouvoir ».

 

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